Handicap dans la fonction publique : un bilan positif, mais qu’il faut encore améliorer

Handicap dans la fonction publique : un bilan positif, mais qu’il faut encore améliorer
by iddhea

Ce 20 juin 2019, le FIPHFP (Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées dans la fonction publique) publiait son dernier bilan quant à l’emploi des personnes en situation de handicap dans le secteur public. En 2018, le taux d’emploi était de 5,61 % pour un total de 250 760 bénéficiaires. Un léger progrès par rapport à 2017 où ce chiffre était de 5,49 % avec 10 000 bénéficiaires de moins.

Cependant, il semblerait qu’il ne soit toujours pas possible d’atteindre le taux de 6 % défini par la loi Handicap de 2005. Les conclusions présentées par le FIPHFP sont ainsi mitigées avec de grandes ambitions malheureusement limitées par une baisse du budget.

Un taux d’emploi qui progresse

Quand on observe les chiffres dans le détail, on constate que la fonction publique territoriale fait toujours office de premier de classe avec un taux d’emploi proche des 6,8 %. En revanche ses deux autres versants sont à la traîne avec un taux de 5,67 % pour la fonction publique hospitalière et seulement 4 ,65 % en ce qui concerne la fonction publique d’État. Quant à l’Éducation nationale et les services du Premier ministre, ils se placent parmi les plus mauvais élèves avec respectivement un taux de 3,62 % et 3,38 %.

Mais il faut regarder ces résultats sur l’ensemble du territoire national pour remarquer que le taux d’emploi est tout de même en hausse dans la plupart des régions. D’ailleurs, certaines d’entre elles parviennent même à dépasser le taux de 6 %. À noter que d’autres employeurs se distinguent particulièrement tels que le groupement hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neuroscience (6,12%), ainsi que la ville de Suresnes qui plafonne avec un taux d’emploi de 8 %. On remarque enfin que le taux d’emploi direct global est également en progression avec un taux de 5,36 % (hors sous-traitance).

Selon son directeur, Marc Desjardins, le FIPHFP reste ambitieux, malgré de bons chiffres et d’autres qui peinent toujours à atteindre les objectifs. Celui-ci déclare ainsi que le taux de 6% ne reste qu’un « plancher », l’objectif étant « d’aller plus loin ».

Baisse du budget

Le grand paradoxe du FIPHFP, c’est que plus le taux d’emploi progresse et plus le budget qui lui est alloué diminue. En effet, le fonds est exclusivement financé par les entreprises du secteur public qui ne respectent pas le quota de 6% de travailleurs en situation de handicap. Ainsi, l’année 2018 représente un manque à gagner de 8 millions d’euros, amenant les contributions des employeurs à 113 millions d’euros, contre 121 millions en 2017. Le problème, c’est que ces revenus restent inférieurs aux dépenses d’intervention du FIPHFP « pour la sixième année consécutive », d’après son directeur. Une situation obligeant à puiser dans des réserves qui s’amenuisent immanquablement. Par rapport à l’année 2017, le FIPHFP a alors vu le montant de ses interventions diminuer de 3,15 % avec 77 millions d’euros attribués aux aides directs (programme accessibilités, plateforme d’aide, etc.) et 48 millions pour les aides indirectes (partenariats, sensibilisation, financement de Cap-emploi, etc.).

La formation pour accéder à l’emploi

Malgré cette baisse de budget, le FIPHFP continue de miser sur la formation et l’apprentissage pour ouvrir la voie vers l’emploi. Dans cette logique, ce dernier a doublé le montant de ses aides en faveur de l’accessibilité numérique, trop souvent facteur d’isolement à notre époque, surtout chez les personnes souffrant de déficience visuelle. L’accent a particulièrement été mis sur la formation afin de la rendre plus accessible autant en termes de cadre que de pédagogie. L’enjeu défini par le FIPFHP est alors « d’éviter les ruptures entre l’enseignement secondaire et le supérieur, mais aussi entre ce dernier et l’emploi ». Pour se donner les moyens de cet objectif, 6,67 millions d’euros ont alors été dédiés à la formation en 2018.

Par ailleurs, l’apprentissage a lui aussi été identifié comme une priorité, raison pour laquelle il s’agit du premier front de dépense du FIPHFP devant les transports. En moyenne 1000 apprentis sont aidés chaque année par le fonds qui prend en charge leur salaire à hauteur de 80 %. Ainsi, la fonction publique comptait en 2018 4,6 % d’apprentis en situation de handicap, dont 9,9 % dans le secteur hospitalier. Un tiers de ces derniers sont embauchés à l’issue de leur contrat d’apprentissage au poste occupé auparavant et 60 % accèdent à un emploi dans les deux ans suivant leur formation.